Montée en débit de Rombas-Pierrevillers

Hello !

Aujourd’hui je vais vous conter la plus grosse upgrade de l’histoire d’OrneTHD : la montée en débit de Rombas. Le site historique de la régie municipale de télédistribution de Rombas avait bien besoin d’un gros lifting. Prenez une bière ou un petit jus, mettez-vous bien, et on y va !

1. AVANT

Au départ, les communes de Rombas, Pierrevillers, Marange-Silvange ont été raccordés en fibre optique jusqu’au site de Rombas. Il ne fallait pas se planter, une très grosse part d’abonnés convergent dessus. A mon arrivée il y a plus d’un an, voici à quoi ressemblaient les départs/arrivées coax du CMTS (l’appareil qui parle à vos modems à l’autre bout), c’était…

Ne jetons pas la pierre aux hommes qui ont oeuvrés dans ce local technique. Je n’imagine pas le stress et la pression sur les techniciens qui ont dû batailler pour rétablir en urgence les services pour palier à une panne ou à un équipement qu’ils ne pouvaient pas remplacer sur le moment. Au fur à mesure, les dépannages devenait un véritable chemin de croix, cela empirait, il fallait agir.

Le souci principal est qu’il fallait casser certaines parties du réseau pour le refaire totalement. Beaucoup de poches, de rues, étaient couplées ensemble de manière incohérente (une rue au sud de Rombas était couplé avec une rue du nord de la ville…), ce qui rendaient les dépannages plutôt sportifs. Ce couplage était fait au moyen de switchs coaxiaux actifs (càd qu’ils bouffaient du jus et de tomber en panne). Pour vous donner une idée, le couplage remontant regroupait 8 noeuds optiques sur un seul câble. Chaque switch gérait 4 troncs, donc en voulant en éteindre un, on mettait dans le noir 32 noeuds optiques, soit… plusieurs centaines d’abonnés. Décision prise : on casse tout et on refait !

2e souci : le réseau d’OrneTHD est très capillaire, il y a des centaines de noeuds optiques sur le terrain (contrairement à d’autres réseaux où la fibre s’arrête au centre-ville avec 2 noeuds optiques pour des milliers d’abonnés), et chaque noeud occupe 3 brins de fibre : un pour le descendant, un pour le montant, et un pour le secours en attente. Bah mine de rien, on était vite à court de fibres disponibles dans nos câbles qui relient votre rue à la tête de réseau. Sans compter les professionnels que l’on raccorde avec une fibre dédiée. Il fallait en libérer, et vite.

2. APRES

Voici une vue globale de l’installation.

Que l’on peut représenter par le schéma suivant :

Passons dans le détail. Commençons par la base : le download, ce qui fait que vous avez du Très Haut Débit à la prise. Voici le CMTS remplis de cartes, et plus précisement, les fibres optiques que vous voyez, ce sont elles qui transportent vos téléchargements.

Ces fibres se terminent sur des équipements que l’on appelle des EdgeQAM. Ils vont convertir le signal optique en signal coaxial. OrneTHD a récemment su maitriser des équipements il y a moins d’un an, et ce sont des bêtes de course. Chaque câble coaxial a une capacité de 400 Mbps ! Sans cet équipement, il nous fallait une carte entière pour gérer une telle capacité. Ainsi, chaque EdgeQAM peut gérer 4.8 Gbps de trafic !


Ensuite ces câbles coaxiaux vont dans des « pavés » qui nous servent à faire notre mix de fréquences. OrneTHD couple ainsi 3 coax d’un EdgeQAM (pour obtenir 1.2 Gbps), le coax TV, et un coax pour repartir avec toutes les fréquences mixées.

Puis, ce câble coaxial qui détient votre download et la TV finit sa course dans un transmetteur optique, puis dans un EDFA (un ampli optique). Il est donc transformé en fibre optique, et part illico sur le terrain.

Une fois sur le terrain, c’est là qu’on effectue le couplage des voies descendantes des noeuds optiques de chacune de vos rues. Il n’y a aucun câble coaxial dans ces armoires (sauf pour désservir les habitations immédiates), on repart toujours en fibres. Si une rue consomme trop, on peut par exemple, bouger la fibre d’un bandeau à l’autre pour rééquilibrer la charge.

Cette opération libère beaucoup de fibres, car on ne descend plus que quelques fibres pour désservir des centaines de noeuds, car on couple en armoire de rue directement.

Passons à un sujet plus délicat qui nous a donné pas mal de fil à retordre… l’upload, vos voies remontantes.

Les voies remontantes n’ont pas bougé dans les armoires, chaque noeud optique a besoin que sa fibre remonte directement en tête de réseau. Ci-dessous, nous réceptionnons donc ces dites fibres (1 fibre = un noeud) dans cet équipement qui le convertit en coax.

MAIS MAIS MAIS… avant nous utilisions un switch coax pour coupler vos voies remontantes. On ne peut pas y déroger, nous avons trop de noeuds optiques, et trop peu de connecteurs sur le CMTS pour vos upstreams. Un couplage reste obligatoire là aussi.

Il faut savoir que cette opération est délicate. En effet, coupler des noeuds ensembles permet effectivement d’augmenter sensiblement l’upload, mais au risque qu’un noeud tombe en panne et risque de « hurler à la mort ». De ce fait, les autres noeuds ne peuvent plus se faire entendre, tous les modems décrochent, même de noeuds sains. Chaque carte du CMTS est limité en nombre de connecteurs et en fréquences : est-ce qu’on donne une fréquence dédiée à chaque noeud ou bien en couple en 2×2 (chaque modem a 2 upstreams mais est couplé avec + d’abonnés), soit en 4×4, 8×8, etc.

La solution retenue a été de coupler en 2×2 avec du matériel passif (pas de jus, pas de panne). Ainsi chaque noeud est couplé avec un autre pour faire un « tronc » et se partagent 2 fréquences. Pour le coup, du vieux matériel a été dévidé de son contenu et la carasse réutilisée pour contenir l’amas de câbles et les répartiteurs.

Ces troncs, ce sont les jolis câbles multicolores qui repartent dans le CMTS pour terminer vos uploads. La boucle est bouclée…

Sur la droite de ces câbles, se trouvent 2 fibres (l’une qui descend, l’autre qui remonte) qui alimentent le CMTS en 2x 10 Gbps. L’un sur l’infra principal, et l’autre branchée sur le secours.

3. CONCLUSIONS

Ces travaux étaient loin d’être simples. De grosses sueurs froides au moment des bascules abonnés, qq erreurs, du stress, des mois de travail acharnés… Mais c’est fait. Maintenant Rombas et Pierrevillers se partagent 20 Gbps de capacité, contre… 2 Gbps avant. Ah oui, c’était tendu le soir. Marange reste encore sur l’ancien CMTS encore en activité, le temps que la nouvelle tête se construise, et Silvange a déjà été migrée l’été dernier. Encore qq mois et on va pouvoir éteindre le bestiau qui va pouvoir prendre une retraite bien méritée :)

Le décablage de l’ancien infra a donc bien commencée, petite image de tout ce qui a été enlevé.

Voilà, merci à toute la dreamteam OrneTHD qui a géré de ouf, Nico, Jordy (coaxman !), Patrice, Bernard, Gérard, Greg aussi qui m’a filé un coup de main, etc. Merci à nos abonnés pour leur patience et les encouragements qu’on a eu ici et là :)

J’espère que vous avez pris plaisir à voir le travail accompli et à me lire, excellente soirée à vous ! Nous, on continue à veiller sur vos modems :)

Cédric.